Rev Stomatol Chir Maxillofac 2006;107:179-180 Masson, Paris, 2006
Correspondance : E. Boutremans,
Service de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-faciale (Dr I. Loeb),
CHU Saint-Pierre,129,boulevard de Waterloo,1000 Bruxelles, Belgique.
U
À propos d’une ulcération palatine
E. Boutremans
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1
, M. Shahla
1
, L. Tant
1
, R. Javadian
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, N. de Saint Aubain
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Service de Stomatologie et Chirurgie Maxillo-faciale (Dr I. Loeb), CHU Saint-Pierre, Bruxelles, Belgique.
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Service d’Anatomie Pathologique (Pr. A. Verest), Institut J. Bordet, Bruxelles, Belgique.
n patient de 38 ans d’origine polonaise est admis pour une ulcération palatine peu douloureuse évoluant depuis environ 3 jours. Elle se situe de part et d’autre de la
ligne médiane et elle expose en profondeur l’os maxillaire (fig. 1). Ce patient tabagique ne présente par ailleurs aucun autre antécédent particulier. L’interrogatoire systématique ne met en évidence ni prise de cocaïne, ni injection locale de vasoconstricteur ou d’autre produit caustique pouvant expliquer la présence de cette ulcération. Le reste de la cavité buccale est exempt de toute autre lésion. Une biologie courante révèle l’existence d’un syndrome inflammatoire (CRP à 14,2 mg/L). Un scanner du massif facial ne révèle ni atteinte osseuse ni communication naso-buccale. Il nous oriente vers un diagnostic de lésion granulomateuse inflammatoire ou infectieuse. Un frottis de la lésion et un prélèvement biopsique sont réalisés. Dans l’attente des résultats, le patient est placé sous antibiothérapie préventive (Augmentin
4x1gr I.V.) et soins locaux à base d’éosine
acqueuse 2 %. Face à ce type de lésion les diagnostics différentiels suivants doivent être évoqués : 1. Ulcération traumatique, iatrogène (automutilation, blessure par objet, injection de vasoconstricteur, médicaments…).
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Quel est votre diagnostic ?
, I. Loeb
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2. Néoplasies : a. adénocarcinomes salivaires : carcinome adénoïde kystique, carcinome muco-épidermoïde, adénocarcinome à cellules acineuses, adénocarcinome polymorphe bien différencié, tumeur mixte maligne ; b. Lymphomes ; c. Sarcomes ; d. Lésion métastatique. 3. Troubles inflammatoires chroniques : a. Périadénite de Sutton ; b. Sialométaplasie nécrosante ; c. Lichen plan érosif ; d. Lupus érythémateux discoïde ; e. Réaction lichénoïde ou lupique. 4. Infections chroniques : a. Tuberculose ; b. Syphilis primaire ou tertiaire ; c. Mycose profonde. 5. Vasculite : granulomatose de Wegener. Les sérologies pratiquées à la recherche de syphilis et d’herpès se sont avérées négatives. Sous traitement, la lésion a involué, le fond de l’ulcération s’est comblé en 10 jours, aux deux tiers, par du tissu de granulation (fig. 2).
Figure 1. Ulcération palatine lors de la première consultation. Figure 2. Ulcération palatine après 10 jours de traitement ; tissu de granulation recouvrant le fond de l’ulcération.
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